February 8th, 2016

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Florian Delorme "CulturesMonde" // "France Culture", 25 novembre 2014

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Les chemins du roman: le monde dans un miroir (2/4) — De l'écrivain officiel au dissident

« Un roman, c'est un miroir qu'on promène le long d'un chemin ».

(« Le Rouge et le Noir », Stendhal)

Toute cette semaine, CulturesMonde est présentée par Xavier Martinet, tandis que Florian Delorme prépare un colloque autour des nouvelles diplomaties:

« C’est donc une deuxième journée de la série sur les chemins du roman mondial que nous vous proposons aujourd’hui… Série qui je le souligne prépare une journée spéciale consacrée au livre sur France Culture vendredi…

Après avoir vu hier les succès et les difficultés de cette nouvelle littérature Brésilienne qui s’exportera au Salon du livre de Paris 2015… Et avant de nous pencher sur l’appétit des éditeurs européens envers l’Inde et l’Afrique demain… Au menu aujourd’hui de l’ambiguïté, du trouble, et des prises de positions politiques pour les écrivains de Chine et de Russie…

La Chine et la Russie sont deux pays et deux systèmes politiques que l’on a déjà évoqué conjointement dans Cultures Monde… Autoritaires et néanmoins relativement souple dans leur fonctionnement… Qui autorisent pour les écrivains toute une variation de conduites et de « statuts » : entre officialité assumée, semi-officialité, et une dissidence pas toujours aussi claire qu'elle ne pourrait le paraître…

Les romanciers russes Edward Limonov en 2012, Boris Akounine en 2008 et Vladimir Sorokine cette année encore après l’annexion de la Crimée… Vous aurez aussi reconnu le Pdt Vladimir Poutine… 3 romanciers, et un président : 3 positions différentes aussi qui pourraient résumer schématiquement la situation actuelle des écrivains en Russie depuis une dizaine d'années…

Depuis la réélection de Vladimir Poutine en 2012… Le mariage forcé avec les écrivains souhaité par le pouvoir russe ne passe pas inaperçu : tentative de reprise en main de la sélection lors des événements littéraires internationaux, de mise en place d'une Assemblée des écrivains, lois sur la propagande homosexuelle, sur le langage grossier… Même en l'absence de censure officielle, l'arsenal répressif semble imposant… Mais les lignes sont elles aujourd'hui si nettes entre la censure et la liberté littéraire, les écrivains affiliés au régime ou ce que l'on appelle encore des dissidents dans un régime qui n'est plus soviétique ?…

Nous retrouverons par ailleurs Boris Akounine et Edouard Limonov, deux incarnations de la dissidence, tout deux au micro de Tiphaine de Rocquigny.

En tous cas c'est sorte de néo-dissidence littéraire connaît aussi un regain d’intérêt de la part des pays européens… C’est clair également en ce qui concerne la littérature chinoise… Un intérêt un peu trop appuyé pour être honnête ?

Ecrire en Chine et en Russie… Il y a des points communs assez évidents : une censure officielle relativement discrète dans un cas, en Chine, des restrictions et des contraintes multiples parfois spectaculaires dans le cas de la Russie… Et une sorte de ressaisissement idéologique ou culturel dans les deux pays depuis environ 4 ans…

Quelle valeur et quel pouvoir accorder à ce redressement culturel sur le paysage littéraire, alors que depuis quelques années – plus récemment que pour le Brésil – les autorités russes et chinoises opèrent un timide mouvement d'accompagnement de l'essor international de leur écrivains et romanciers… »

Nous recevons pour en discuter, Michel Parfenov, éditeur responsable de la littérature russe chez Actes Sud ainsi que Isabelle Rabut, professeur de littérature chinoise à l’Inalco (Institut national des langues et civilisations orientales), traductrice.
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